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Pourquoi votre client vous envoie ce questionnaire
Votre client européen reste responsable de ce que vous faites pour lui. S'il est responsable du traitement au sens du RGPD, l'article 28 l'oblige à signer avec vous un contrat précis et vous oblige, en retour, à lui fournir les informations nécessaires pour démontrer votre conformité et à permettre des audits. Le questionnaire est la façon la plus simple, pour lui, de documenter ce choix.
Trois facteurs rendent ces questionnaires plus exigeants pour un prestataire marocain :
- Le Maroc n'a pas de décision d'adéquation de la Commission européenne. Chaque flux de données vers le Maroc doit donc reposer sur des garanties appropriées, en pratique les clauses contractuelles types, et sur une analyse des transferts. Le détail est traité dans notre guide sur le sous-traitant marocain d'un client européen.
- L'AI Act s'applique aux prestataires établis hors de l'Union lorsque les résultats de leurs systèmes d'IA sont utilisés dans l'Union (article 2). Votre client veut savoir quelle IA vous utilisez et quel est votre rôle.
- Les programmes de risque tiers des grands donneurs d'ordre se sont structurés. Le guide sur la gestion du risque tiers décrit ce dispositif du côté de l'acheteur ; cette page en est le pendant, du côté du fournisseur.
Les six domaines d'un questionnaire type
Les formats varient (tableur maison, plateforme d'évaluation, questionnaire sectoriel), mais les thèmes reviennent presque toujours.
| Domaine | Ce que le client cherche à savoir | Preuves généralement attendues |
|---|---|---|
| Sécurité de l'information | Gouvernance, contrôle des accès, chiffrement, journalisation, gestion des vulnérabilités, gestion des incidents | Politique de sécurité, matrice des habilitations, rapports de tests d'intrusion, procédure d'incident, certificat éventuel |
| Protection des données | Rôle (sous-traitant ou responsable), finalités, durées de conservation, droits des personnes, notification des violations, transferts | Registre des traitements, contrat article 28, clauses contractuelles types, analyse des transferts, formalités CNDP |
| Sous-traitants ultérieurs | Qui d'autre accède aux données : hébergeur, éditeur de logiciel, fournisseur d'IA, prestataire de téléphonie | Liste à jour des sous-traitants ultérieurs, lieux de traitement, contrats répercutant les mêmes obligations |
| Usage de l'IA | Quels outils, pour quelles tâches, avec quelles données, quelle supervision humaine, quel rôle au sens de l'AI Act | Inventaire des systèmes d'IA, politique d'usage, information des personnes, documentation des fournisseurs |
| Continuité d'activité | Capacité à maintenir le service en cas de panne, de coupure réseau ou d'indisponibilité d'un site | Plan de continuité, sites de repli, résultats des derniers tests, engagements de niveau de service |
| Éthique et conformité | Lutte contre la corruption, sanctions internationales, droit du travail, code de conduite | Code de conduite, procédure d'alerte, politique cadeaux et invitations, attestations sociales |
Pour l'IA, la question décisive est celle du rôle : un centre qui déploie le chatbot d'un éditeur n'a pas les mêmes obligations que celui qui le développe et le commercialise sous son nom. Le guide fournisseur ou déployeur permet de trancher. Si un agent conversationnel répond aux clients européens, attendez-vous aussi à une question sur l'obligation d'informer le client qu'il parle à une IA, applicable depuis le 2 août 2026.
ISO 27001 et ISO 27701 : une preuve, pas une obligation légale
ISO/IEC 27001 certifie un système de management de la sécurité de l'information ; ISO/IEC 27701 l'étend à la gestion de la vie privée. Aucune des deux n'est imposée par le RGPD, par la loi 09-08 ou par l'AI Act. Leur intérêt est ailleurs : un certificat délivré par un organisme accrédité, accompagné de sa déclaration d'applicabilité, répond d'un coup à une grande partie du domaine sécurité.
Trois précautions s'imposent :
- Vérifiez le périmètre. Un certificat qui couvre le siège mais pas le plateau qui traite les données du client ne prouve rien pour ce client. Le périmètre figure sur le certificat.
- Ne confondez pas certification et conformité. ISO 27001 ne dit rien de vos clauses contractuelles types, de vos formalités CNDP ou de vos obligations au titre de l'AI Act.
- Préférez la vérité au calendrier. « Certification visée dans douze mois, audit à blanc réalisé » est une réponse acceptable. « Conforme ISO 27001 » sans certificat ne l'est pas.
Pour l'IA, la norme ISO/IEC 42001 joue un rôle comparable ; voir notre guide sur la certification ISO 42001.
Construire une salle de preuves
Une salle de preuves est un espace documentaire, contrôlé et daté, où chaque affirmation du questionnaire renvoie à un document précis. Elle transforme une épreuve répétée en exercice de mise à jour.
- Partez des questionnaires déjà reçus. Regroupez les questions par domaine et repérez celles qui reviennent.
- Rédigez une réponse de référence par question, validée par le responsable du domaine, avec la date de validation.
- Rattachez une preuve à chaque réponse : politique, procédure, extrait de registre, capture de paramétrage, rapport de test, contrat type.
- Classez les preuves en deux niveaux : celles que vous pouvez transmettre (politiques, certificats) et celles que vous montrez seulement en audit ou en visioconférence (rapports de tests d'intrusion détaillés, architecture).
- Nommez un propriétaire et une date de revue pour chaque document. Une preuve périmée est pire qu'une preuve absente.
- Tenez un journal des envois : quel document, à quel client, sous quel accord de confidentialité, à quelle date.
Si vous faites de la prospection pour le compte de clients français, ajoutez un dossier consacré à la preuve du consentement, que la réglementation française met à la charge du professionnel.
Qui répond à quoi
| Domaine | Rédacteur | Validation |
|---|---|---|
| Sécurité, continuité | Responsable sécurité ou DSI | Direction générale |
| Protection des données, transferts | Référent protection des données | Juridique |
| Sous-traitants ultérieurs | Achats avec la DSI | Référent protection des données |
| Usage de l'IA | Responsable des outils et des opérations | Référent IA ou comité de gouvernance |
| Éthique, social | Ressources humaines et conformité | Direction générale |
| Coordination et envoi | Un pilote unique (conformité ou commerce) | Signataire habilité |
Le pilote unique est la clé : il garantit que les réponses ne se contredisent pas d'un domaine à l'autre ni d'un client à l'autre.
Les erreurs à éviter
- Répondre « oui » à tout pour ne pas perdre l'affaire. Un audit ultérieur coûtera la relation.
- Copier les politiques d'un autre groupe sans les appliquer. Le client demandera des preuves d'application, pas des textes.
- Oublier les sous-traitants ultérieurs : l'éditeur du logiciel de téléphonie ou l'outil d'IA générative utilisé par les agents en font partie.
- Envoyer des documents sensibles sans accord de confidentialité ni journal des envois.
- Laisser le commercial répondre seul, sans validation des responsables de domaine.
- Traiter chaque questionnaire comme un cas unique, au lieu d'alimenter la salle de preuves.
Plan d'action
- Désigner le pilote des questionnaires et les responsables de domaine.
- Rassembler les trois derniers questionnaires reçus et en extraire les questions récurrentes.
- Rédiger et faire valider les réponses de référence.
- Constituer la salle de preuves, avec propriétaire et date de revue par document.
- Tenir à jour la liste des sous-traitants ultérieurs et l'inventaire des systèmes d'IA.
- Vérifier le contrat article 28, les clauses contractuelles types et l'analyse des transferts de chaque client.
- Planifier une revue complète au moins une fois par an, et à chaque changement important.
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Questions fréquentes
Pourquoi un client européen envoie-t-il un questionnaire de conformité à son prestataire marocain ?
Parce qu'il reste responsable de ce que son prestataire fait des données et des services qu'il lui confie. Le RGPD lui impose de ne recourir qu'à des sous-traitants offrant des garanties suffisantes et de pouvoir les auditer (article 28). Le questionnaire est la forme la plus courante de cette vérification, avant la signature puis à intervalles réguliers.
La certification ISO 27001 est-elle obligatoire pour travailler avec un client européen ?
Non. Aucune loi européenne ou marocaine n'impose ISO 27001 à un prestataire. La certification est une preuve, souvent appréciée et parfois exigée par le contrat, qu'un système de management de la sécurité existe et qu'il est audité. Elle ne remplace ni le contrat de sous-traitance, ni l'encadrement des transferts de données.
Combien de temps faut-il pour répondre à un questionnaire de due diligence ?
Cela dépend surtout de l'état de votre documentation. Avec une salle de preuves à jour, une réponse se prépare en quelques jours, en réutilisant des réponses déjà validées. Sans elle, chaque questionnaire devient un projet qui mobilise plusieurs services pendant des semaines.
Peut-on répondre « oui » à une question si la mesure est en cours de mise en place ?
Non. Répondez « partiellement » ou « en cours », avec la date cible et ce qui existe déjà. Une réponse inexacte peut engager votre responsabilité contractuelle et ruine la confiance si l'audit la contredit. Un écart reconnu avec un plan crédible est beaucoup mieux reçu qu'une affirmation sans preuve.
Qui doit signer les réponses au questionnaire ?
Un dirigeant ou un responsable habilité à engager l'entreprise, après validation de chaque domaine par son responsable : sécurité, protection des données, juridique, opérations. La signature d'un commercial seul expose l'entreprise à des engagements que personne n'a vérifiés.
Information générale, pas un avis juridique.
Signaler une erreurRéférences (5)
- Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), notamment articles 28 et 44 à 46. (nouvel onglet)
- Décision d'exécution (UE) 2021/914 du 4 juin 2021 relative aux clauses contractuelles types pour le transfert de données vers des pays tiers. (nouvel onglet)
- Commission européenne, liste des décisions d'adéquation. (nouvel onglet)
- CEPD, recommandations 01/2020 sur les mesures supplémentaires, version 2.0 du 18 juin 2021. (nouvel onglet)
- AI Act, article 2 (champ d'application), service d'assistance de la Commission européenne. (nouvel onglet)
